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LA CONFERENCE ECONOMIQUE NATIONALE A BATA du 12 au 14/11/2007
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COMPTE RENDU ECRIT DE LA CONFERENCE
AVEC PHOTOS DANS LA REVUE DE L’AMBASSADE DE GUINEE EQUATORIALE EN FRANCE
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La Conférence économique de Bata :
Guinée équatoriale à l’ horizon 2010

Cela a été un événement majeur qui engage non seulement le présent mais l’avenir de la Guinée équatoriale. La dernière conférence économique nationale organisée à Bata du 12 au 14 novembre 2007, a été l’occasion de dégager les perspectives et les orientations qui doivent être celles de l’Etat et des opérateurs éconmiques à l’horizon 2020.

2020, en matière économique, c’est déjà demain. Plus encore quand l’économie repose sur des produits “mondiaux”, tels que le pétrole et le gaz, dont chacun sait que les cours sont volatiles et que les réserves ne sont pas inépuisables.

C’est pourquoi la Guinée équatoriale entend être non seulement raisonnable mais prévoyante. Le pic de production pour le pétrole est déjà fixé à 2009.

C’est sans doute une vision quelque peu pessimiste (si les compagnies pétrolières ont, parfois, tendance, à valoriser l’existant plutôt que de se consacrer à la recherche de nouveaux gisements, il n’est pas exclu que de nouveaux sites de production seront mis au jour dans les années à venir, tout particulièrement dans l’offshore profond et l’onshore) mais qui vise, en tout premier lieu, à ne pas démobiliser la population active en laissant penser que la Guinée équatoriale peut n’être qu’un pays “rentier”.

Les documents établis dans la perspective de la conférence “Guinée équatoriale 2020” le disent expressément: il n’est pas question pour le pays de succomber à ce que les experts ont appelé, dans les années 1970, le “mal hollandais” (Dutch disease).

Autrement dit : quand l’exploitation du gaz naturel contribue de façon remarquable au PIB, alors que ce secteur est peu utilisateur de main-d’oeuvre, les salaires gaziers tendent à devenir la norme et “tuent” la compétitivité en imposant des salaires sur-évalués dans tous les secteurs.

Surévaluation de la monnaie nationale, hausse des dépenses publiques, désintérêt des investisseurs pour le pays où les coûts fixes sont désormais trop élevés, etc. La Guinée équatoriale veut éviter de se laisser prendre par ce cycle infernal et, du même coup, se fixe comme directive majeure la diversificaiton de son économie avec un double corollaire : l’apprentissage et la formation professionnelle de la population (qui, selon les statistiques officielles, a, à hauteur de 47,3 %, moins de 14 ans !) et la mise en place des infrastructures nécessaires à la production et aux échanges.

Tout en poursuivant la valorisation des ressources pétrolières (pétrole et gaz) et minérales (qui sont loin d’avoir été toutes identifiées), la Guinée équatoriale entend mettre l’accent sur la pêche, l’agriculture, le tourisme et le développement des services financiers.

Les autorités ambitionnent d’être, au coeur du golfe de Guinée ce qu’est Dubaï dans le golfe Persique et ce qu’est Singapour en Asie du Sud-Est.

Il ne s’agit pas tant d’être une nouvelle puissance économique mondiale que de favoriser une diversification des activités économiques dont Dubaï et Singapour sont des modèles mondiaux.

Ce qui, bien évidemment, oblige à des transformations profondes, économiques, sociales et institutionnelles.

S’agissant de favoriser l’émergence d’un secteur privé national et étranger dynamique, il convient de lui offrir un cadre réglementaire favorable et, dans le même temps, une administration performante dans la “bonne gouvernance”.


La Guinée équatoriale ne manque pas de ressources. Agriculture, forêt, pêche, pétrole et gaz, etc. Ressources naturelles auxquelles il faut ajouter un territoire exceptionnel, continental et insulaire au sein duquel l’écosystème a été, jusqu’à présent, pour l’essentiel, préservé (les îles d’Annobon, de Mbané et de la baie de Corisco sont appelées à être des pôles touristiques remarquables).

Il s’agit donc, tout d’abord, de sauvegarder l’existant pour mieux le valoriser.

C’est ainsi que la Guinée équatoriale ambitionne de devenir une plateforme de référence pour la transformation des produits de la mer mais, aussi, pour ce qui est de la valorisation des hydrocarbures (raffinage du pétrole, liquéfaction du gaz naturel mais également création de micro-centrales à cycle combiné

utilisant le gaz naturel extrait localement dans la perspective d’approvisionner non seulement le marché domestique mais également d’être exporté dans la sous-région).

Les efforts infrastructurels sont considérables. Routes et autoroutes, aéroports, ports (au-delà des travaux d’ampleur actuellement entrepris à Malabo, réhabilitation et extension du port de Bata, du port de Luba et construction d’un port à Annobon), urbanisation, équipements collectifs et sociaux, écoles, etc. viennent, jour après jour, changer fondamentalement la physionomie du pays.

Autant d’activités financées par le budget de l’Etat et des collectivités qui permettent la création induites de PME et de PMI, de commerces, d’exploitations agricoles, etc.

La conférence de Bata a été l’occasion également de faire le point sur la situation démographique du pays, sujet souvent d’autant plus controversé qu’il n’est pas maîtrisé par les commentateurs.

La Guinée équatoriale compte actuellement (selon le dernier recensement établi en 2001 mais, en la matière, la situation évolue rapidement) 1.014.999 habitants, dont 982.345 Equato-Guinéens, pour un territoire de 28.051,46 km². 74 % de la population est continentale, ce qui explique que Bata soit la première ville du pays (230.282 habitants) devant Malabo, la capitale (211.276).

Les autres agglomérations majeures sont Ebibeyin (60.747 habitants), Mongomo (53.510 habitants), Anisok (40.395 habitants), Niefang (37.273 habitants), Evinayong (36.521 habitants) ; toutes ces villes se situent dans le Rio Muni. Quant à Luba, la deuxième ville de l’île de Bioko, elle compte 23.870 habitants. Notons que l’île d’Annobon, la plus grande des îles équato-guinéennes après Bioko (où se trouve la capitale, Malabo) compte 5.008 habitants.

Ce qui caractérise la Guinée équatoriale, c’est la forte population émigrée (mais moins conséquente qu’on ne l’affirme trop souvent) : un peu plus de 32.600 personnes, essentiellement des Camerounais (plus de 7.000), des Nigerians (plus de 3.000), des Sao-Toméens (plus de 1.400).

Les Européens sont 1.620, les Asiatiques sont 988 et les Américains sont 443. Il est à noter que toutes les populations “étrangères” sont majoritairement implantées à Malabo à l’exception des Asiatiques plus nombreux à Bata que dans la capitale (avec, également, une forte implantation régionale dans le Rio Muni : Mbini, Niefang, Mongomo, Nsork, Akonibe, etc.).
Notons encore que la population est majoritairement rurale (61,2 % contre 38,8 % pour la population urbaine) et que le secteur privé est, de très loin, le premier employeur (43.173 personnes) devant le secteur public (13.112 personnes), les travailleurs indépendants (exploitants agricoles, commerçants, transporteurs, professions libérales, etc.) étant au nombre de 351.695.

Les prévisions démographiques pour 2010 portent sur 1.622.016 habitants, ce qui représentera un triplement de la population au cours des deux dernières décennies (au début des années 1990, la Guinée équatoriale comptait environ 550.000 habitants). C’est dire que pour atteindre les objectifs économiques ambitieux fixés par les autorités, il conviendra de porter une attention toute particulière à la formation de la population dont le niveau d’éducation devra être considérablement élevé (quantitativement et qualitativement).

Selon les statistiques établies pour 2001, il n’y avait que 2 % de la population qui avait un niveau d’études supérieures, 25 % un niveau d’études secondaires et 62% un niveau d’études primaires (en 1983, les chiffres étaient de, respectivement, 0,4 %, 8 % et 43 %) ; les filles étant encore plus mal loties que les garçons !
Presidente CONF NAT RT.tif